J’ai eu la chance hier d’assister à la conférence d’ALEX STROHL, lors du FRESH AIR FESTIVAL #1 par LES OTHERS. Une conférence que je me devais de vous partager par ici. Il s’agissait donc d’une interview donnée par Nicolas et Thomas, deux fondateurs de Les Others, à Alex Strohl.

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QUI EST ALEX STROHL ?

Photographe outdoor de talent, le Français Alex Strohl effectue des voyages dans le monde entier. Avec sa conjointe Andrea Dabene, il parcourt le monde, des États-Unis, son nouveau pays d’adoption, jusqu’aux lieux les plus reculés de la planète, pour capturer des clichés époustouflants.

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Selon toi, quelles sont les qualités requises pour pratiquer le métier de photographe ? 

La persévérance – Questionner tout, vraiment ne pas accepter qu’on dise non (petit souci technique donc pas pu enregistrer la première partie de la réponse).

La curiosité – Ensuite je pense qu’il faut être vraiment curieux. Depuis toujours j’ai vraiment questionné tout. Même questionné l’autorité, c’est pour ça que on ne m’en a pas trop voulu au lycée, je demandais vraiment pourquoi pour tout, tout le temps… Donc c’est vraiment agaçant pour les adultes. Mais même maintenant j’aime bien questionner tout, et finalement, en étant curieux on en apprend beaucoup sur les gens. Et plus on en sait sur les gens, sur les choses, plus vite on peut rebondir et avoir de nouvelles idées. La curiosité ça aide vraiment.

L’amabilité – C’est quelque chose que j’ai appris plus tard. J’étais pas trop aimable, d’ailleurs je le travaille encore ^^ ! J’ai toujours eu des problèmes avec l’autorité… Et il y a 5 ans, j’ai pris la décision de vouloir être quelqu’un qu’on invite à dîner ! C’est vraiment important quand on a une conversation avec quelqu’un, et qu’on pense en sortant de cette conversation, on se demande « est-ce que cette personne se sent mieux qu’avant ? Ou moins bien qu’avant ? Ou juste neutre ? » Quand on travaille sur soi on a souvent tendance à vouloir parfois tirer trop de choses des autres, finalement pour se faire sentir mieux soi même. Bon c’est un peu philosophique mais voilà. L’amabilité je dirai, et le sourire. Sourire aux gens…
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La naissance de la photographie chez toi s’est passée au moment où t’es arrivé au Québec ? Est-ce que le fait d’aller vivre là bas a été un déclic pour toi ? 

J’ai commencé à faire de la photo en Ardèche. J’étais en internat et il n’y avait pas grand chose à faire les weekends… Donc je faisais de la moto dans la forêt. Puis à force, ça devenait un peu répétitif. J’ai emprunté l’appareil photo de mon père, un petit numérique. Donc c’est vraiment en Ardèche que ça a commencé. Après je faisais des photos de ski, dans les Alpes, pour des amis qui faisaient du freestyle… Après c’est au Québec que c’est devenu plus sérieux. Surtout que j’en avais un peu marre d’être en France, je trouvais ça petit, à l’époque ! J’avais besoin de plus d’aventures. Puis le climat là bas, l’hiver qui est beaucoup plus long… Tout ça c’était de l’inspiration pour moi.
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▎Et donc quand t’es arrivé au Québec, est-ce tu t’es dit « Je vais faire de la photo » ?

Je suis venu pour mes études en fait. J’ai dit à mes parent « Je veux aller à New York ! » Et ils m’ont dit « C’est trop cher » ! Donc du coup j’ai été au Québec ! Et finalement c’est une bonne chose, parce que j’aurai peut-être fait complètement autre chose ! Donc pour en revenir à ta question, je ne savais pas.
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▎Du coup si tu n’es pas allé t’installer là bas pour faire de la photo, c’est là bas que t’as pratiqué le plus possible, et à quel moment tu as senti la transition et le fait de vouloir faire de la photographie ton métier ?

En fait je voulais être directeur artistique à l’époque. J’avais vu 99 Francs et comme plein de gens je me disais « Je veux faire comme eux » ! Et donc à l’université là bas, c’est incroyable parce qu’on peut on louer du matériel, des appareils photos… Donc j’étais devenu photographe professionnel sans le savoir, au niveau du matériel en tout cas, pas au niveau des compétences. Je louais du matos et j’allais démarcher des petits commerçants pour faire des photos de leurs magasins, je faisais un peu tout et n’importe quoi. Et quand des me payaient je me disais, OK, ça peut devenir quelque chose ! C’est là que j’ai senti que ça avait un avenir. Parce que j’avais fait quelques petits jobs de design graphique en 2008 et je trouvais que mes clients en design, vous qui êtes dans le design vous allez peut être vous y reconnaître, mais les gens savaient vraiment ce qu’ils voulaient dans le design. Ils ont toujours un petit neveu, qui a un ordi, qui fait des dessins… Donc ils voulaient pas trop de mon expertise. Alors qu’en photo c’est vraiment comme aller chez le mécanicien ! C’est-à-dire tu fais la photo, tu répares la voiture… Je ne sais pas ce qui se passe mais je le fais ! Je prenais beaucoup plus de libertés en photo.
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▎Et t’as terminé tes études quand même ?

Non !
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▎Ah oui l’école ça n’avait pas l’air d’être ton truc !

L’autorité ! C’est pour ça que je suis freelance aussi ! Même si, on a toujours des patrons ! Quoiqu’on fasse ^^ Mais c’est un secret ! J’ai jamais dit à personne que je n’avais pas fini mes études ! Ma mère serait pas contente !
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▎Depuis ce temps là, de l’eau a coulé sous les ponts, aujourd’hui on est capable d’un coup d’oeil de repérer une photo d’Alex Strohl, avec la patte d’Alex Strohl. Comment tu définirais ton style ? Comment tu décrirais ton univers ? La question difficile à chaque fois ^^

Ouais ! Elle est bien. En fait j’aime bien… Je suis un mec assez solitaire, j’aime bien me promener tout seul dans la nature, même si je suis un peu en contradiction j’aime bien aussi aller avec des gens dans la nature, mais à la base j’aime bien montrer des gens sur mes images qui sont tout seuls. On voit ça beaucoup, on voit toujours ça beaucoup, je n’ai rien inventé, mais c’est cette idée d’avoir des gens qui sont un peu dominés par le paysage immense, c’est vraiment quelque chose qui m’a toujours attiré. Parce que ça reflétait un peu ce que je faisais… Je me promenais tout seul sur ma moto, ou tout seul dans la montagne. J’ai jamais fait d’autoportrait donc j’emmenais quelqu’un avec moi… Donc ça c’est une des choses, et j’aime bien aussi l’eau. Quand j’étais petit mon père, qui est ingénieur des eaux et forêts, avait un livre qui s’appelait « L’eau c’est la vie » ! Donc il m’a donné ce livre quand j’étais petit et ça m’a beaucoup marqué ! Ca expliquait le fonctionnement de la météo, des nuages, tout ça… L’eau ça a toujours été super important. Puis les lacs de montagne, la mer… Surtout les lacs de montagne ^^ Voil c’est ça que je dirai, ces deux choses là. C’est difficile de parler de son propre travail mais je dirai que c’est ça qui me définit le plus finalement. Tout ce qui est dans les éléments, dans la forêt, dans la montagne, et l’individu seul.
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▎Pour en revenir un peu sur les plateformes que tu utilises, on sait que Instagram est ta plateforme privilégiée, t’es un peu devenu un maître en la matière avec tes 2 millions de followers, on voulait savoir si tu avais tout de suite identifié la plateforme comme un tremplin ? Pour un jeune photographe comme toi qui souhaitait devenir professionnel, sans forcément passer par les cases classiques ?

C’était vraiment innocent en fait. A l’époque Instagram était sorti en 2011, j’étais au Québec, on avait une vieille Volvo, on se promenait dans la ville, dans les quartiers un peu huppés et je cherchais des maisons un peu art déco, avec des belles voitures dehors, des vieilles Mustang, des choses qu’on voyait pas trop en France, ça a commencé comme ça ! Mon but c’était juste de faire une photo par jour, et de la mettre dessus. Donc c’était facile, j’étais en ville, je me promenais, je faisais des photos ! Mais je n’ai jamais eu cette idée de « Ca va être un outil pour me permettre de faire ci ou ça ». Ca apporte une certaine crédibilité qu’on le veuille ou pas. Pour tout le monde qui utilise Instagram, ce réseau social c’est un peu comme un tremplin pour son travail en fait, comme une grande affiche publicitaire, qui est gratuite.
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▎Depuis que t’es sur Instagram et que ta base de fans augmente, des centaines et des centaines voire des milliers de personnes s’inspirent de ton style, soit en amateur soit en professionnel, qu’est-ce que ça veut dire pour toi et pour ta photographie ? Tu as l’impression de devoir toujours faire évoluer ton style ?

On a toujours un peu la pression ouais. Parce que là, je sais pas combien on est dans cette pièce, mais on imagine ça multiplié par je ne sais pas combien de fois et ça fait peur ^^ Avant de mettre une photo on se dit : est-ce que c’est bien ou pas ? On a des doutes tout le temps, la remise en question c’est vraiment quelque chose de constant, tous les jours. C’est un peu usant mais c’est nécessaire, et c’est ça qui permet d’avancer finalement. Donc oui je pense qu’on a une certaine responsabilité, même si il faut toujours rester humble, on a une responsabilité de faire évoluer tout ça. (…) D’un point de vue artistique oui, on veut toujours faire évoluer ça. Ca passe par pas mal de réflexions, les gens sur internet et même partout d’ailleurs, sont contraires aux changements. Dès qu’on essaie de faire des choses un peu nouvelles… Faut arriver à passer au-delà de voir combien de likes on a eu ou pas et continuer à essayer. Ce qui n’est pas toujours facile.
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▎Tout à l’heure tu parlais des commerçants qui avaient souvent un petit cousin graphiste, etc… Aujourd’hui c’est plutôt tout le monde a un petit cousin photographe, et du coup pour les photographes qui essaient d’en vivre, ça a vraiment bouleversé le métier. Qu’est ce que tu penses de l’impact sur la photographie en général ? Qu’est ce que tu penses de l’avenir de ces réseaux et de l’avenir de la photo via justement cette surabondance de contenus et du fait que tout le monde puisse reproduire le style de tout le monde ?

Je pense que ça tire tout le monde vers le haut. J’ai souvent des interactions avec des photographes plus traditionnels. C’était surtout avant, maintenant je pense que l’on est au-delà de ça. Je travaillais dans un journal à une époque, et il y avait des anciens qui se plaignaient des jeunes avec leur téléphone qui leur prenaient leur travail ! Je comprends les deux côtés, ça peut être énervant, mais on vit dans un monde en constante évolution, et si on s’adapte pas on… C’est comme ça !
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▎Comment fais-tu aujourd’hui pour arriver à rester créatif ? En essayant justement un petit peu de combler ton audience, tout en sortant des sentiers battus ? Pour ne pas toujours offrir aux gens ce qu’ils veulent. Voilà comment fait-on pour combler leurs attentes sans tomber dans la facilité ? 

Je ne pense pas avoir la solution mais je pense qu’il est important de prendre des pauses, et juste jouer avec ses copains. Juste rien faire ! Ne pas aller faire des photos tout le temps. C’est important de poser l’appareil photo et de penser à vos expériences. En tout cas pour moi c’est vraiment ça. Il faut aussi nourrir la bête ! C’est un équilibre en fait ! Mais je pense que d’aller faire des choses avec ses amis et oublier un peu ça pendant une semaine. Pour la première question, je dirai que c’est ça. Pour ce qui est de sortir des sentiers battus (à ce moment là ils ont pris en exemple Sebastien Zanella qui justement tentait de sortir de sa zone de confort de temps en temps en postant des photos plus personnelles, mais qui justement ne fonctionnaient pas autant que celle qu’il avait l’habitude de poster), c’est un challenge encore plus gros de raconter des choses super personnelles, et de les rendre intéressantes pour des millions de personnes. C’est ça le défi et c’est ça que j’aimerai essayer de faire. Donc je pense que c’est bien d’avoir de l’ambition de vouloir être intéressant pour tous ces gens là.
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▎Quand on regarde ton feed Instagram, c’est super beau, super clean, on a l’impression d’aller au cinéma, est-ce que t’as pas des petites anecdotes à nous raconter sur les galères que t’as pu avoir ? Parce qu’on s’imagine très difficilement quand on regarde ton feed Instagram la difficulté que ça peut être d’être tout le temps en vadrouille, de choper de la photo parfaite, et toutes les galères que ça peut entrainer quoi… 

Je dirai simplement que pour chaque photos, il y a plusieurs heures de recherches, plusieurs jours parfois, et il y a aussi 30% du temps où on fait des photos, et 60, 70… 70% :)) Où on est en train de répondre à des mails, on fait du marketing, on gère ses employés, on livre des images, on met des kayaks sur les toits des voitures… Il y a plein de technicités au-delà de l’image. Les gens pensent qu’on est dans un avion, qu’on va d’un endroit à l’autre tout le temps, mais c’est pas si simple. D’ailleurs, les photographes qui sont le plus, disons, talentueux, ce sont les gens les plus bosseurs que je connaisse. C’est des journées de 16h tous les jours, 7j/7, c’est dur pour avoir une famille aussi. C’est un autre équilibre. L’équilibre du travail… C’est un autre sujet mais ouais il y a beaucoup d’heures de travail. Pas forcément du travail créatif. Parfois, c’est juste avoir un permis pour avoir le droit de faire une photo là bas, ou il faut remplir un formulaire, ça prend 3h… Mais globalement, on est pas à plaindre.
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▎Du coup au-delà d’Instagram, tu as publié un livre en 2015 qui s’appelle ALTERNATIVE LIVING, est-ce que tu peux nous raconter la démarche autour du livre, et de l’univers que t’as voulu publier ? 

En fait, ALTERNATIVE LIVING c’était l’idée de creuser plus loin et d’aller rencontrer des gens qui avaient pris la décision d’habiter dans la montagne, dans un endroit vraiment paumé ! Un peu comme mes parents finalement ! Ils habitent dans un endroit vraiment paumé ! Donc c’est un peu l’inspiration qui est venue d’eux, qui sont vraiment au fin fond de l’Ardèche, au fond d’une route sans nom… Et l’idée c’était de suivre ces gens là, de faire un itinéraire depuis la France jusqu’à la Norvège, sur 3/4 mois. Et de vivre finalement comme les gens qu’on allait rencontrer. C’est à dire, on campait, on était vraiment à l’extérieur tout le temps, on avait pas trop pris d’hôtel… Et c’est pas facile ! Andréa parfois, elle voulait pas prendre d’hôtel mais passer jusqu’à 5 jours, sur la route, sans douche tout ça, moi ça me posait pas de problème mais ça peut poser des problèmes aux filles et ça je peux le comprendre ^^ L’idée du livre, au delà de cet aspect rencontre, c’était comment est-ce qu’on trouve ces gens-là ? Comment est-ce qu’on trouve quelqu’un qui habite au milieu de nulle part, qui n’existe pas sur internet ? L’internet c’est pratique pour faire de la recherche mais parfois on va chercher des gens qui n’existent pas… On mettait vraiment des heures, on prenait des routes au hasard, on montait, on regardait la carte, on disait : « Ah on dirait qu’il y a quelque chose là bas » ! On va voir, puis parfois on tombait sur des gens sympas. On passait une journée avec eux ou deux, on discutait. Avoir un format entrevue, pour avoir quelque à raconter avec l’image. Puis au fur et à mesure on s’est rendus compte que, on vivait ce voyage comme notre propre alternative living, et on a décidé d’inclure quelques images de notre voyage aussi dedans… Parce que finalement, on a ressenti beaucoup de choses en commun avec les gens qu’on rencontrait, avec qui on discutait… Pourquoi les gens décidaient d’habiter au milieu de nulle part ? On voulait rencontrer des gens qui avaient pris la décision. Pas juste des gens qui sont nés là bas, mais qui ont vraiment pris la décision de partir. C’était vraiment intéressant de connaître les motifs. Puis ça nous a inspiré aussi de déménager dans la forêt. Donc vraiment l’idée c’était ça, c’était simple, c’était de rencontrer des gens qui sont dans la forêt, de passer du temps avec eux, et en faire un livre.
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▎Du coup ce mode de vie, de voyager beaucoup, ce nomadisme, qui t’accompagne dans ta création, ce n’est pas quelque chose que tu étais venu chercher dans ton métier, dans le métier de photographe ?

Le nomadisme a toujours fait partie de ma vie… Mon père était pas trop là, il voyageait. Nous on a déménagé, on est allés en Espagne, après on est partis en France, au Québec, Vancouver… Donc si je faisais pas de photos je serai quand même en promenade.
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▎C’était déjà en toi ?

Je pense oui ! La curiosité encore… D’aller voir ce qu’il y a plus loin. Je pense que ce sont des fondations de notre personnalité qui reviennent après et s’expriment sur d’autres moyens comme la photo, le travail qu’on fait, ou ce qu’on aime faire, nos loisirs… Ca se développe mais c’est un peu en nous la curiosité.
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▎Et alors justement, après toutes ces années en tant que nomade, est-ce qu’on a pas envie de se trouver un port d’attache et prendre un petit peu le temps… ?

Oui, le port d’attache c’est justement quelque chose sur lequel on travaille ! Là ca fait 2 ans qu’on a un bureau avec une adresse fixe, on peut recevoir du courrier, des choses comme ça. C’est pas facile de pas avoir d’adresse. Malheureusement on a pas encore passé assez de temps là bas. Mais on se force à rester, on est en train de fabriquer une petite maison sur une station de ski dans le Montana, aux Etats Unis. C’est surtout important pour Andréa, d’avoir un pied à terre, et pour moi aussi hein, mais je pense que c’est bien d’avoir un endroit où l’on peut revenir. On apprécie ça encore plus quand on l’a pas vu, cet endroit.
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▎Parce que là aujourd’hui vous n’avez pas de lieu fixe, vous voyagez de… ?

On loue des maisons pour 3/4 mois, puis on va ailleurs… C’est pas vraiment du voyage, constamment tous les jours, parce que c’est vraiment pas évident… En tout cas, pour nous, on l’a fait à une époque puis… C’est bien de rester 2/3 mois, 3/4 mois à un endroit, et de chercher un peu plus loin que de flotter d’un endroit à l’autre. On a tous une idée du road trip américain, où tu vas de New York à LA, puis on fait ça en un mois… C’est intense c’est super, c’est bien de le faire ! Et après ca donne des idées sur le prochain voyage. Donc voilà c’est important de creuser, d’aller faire des choses d’un point de vue macro et micro.
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▎Donc le quotidien c’est vraiment alterner entre les voyages et rester justement bientôt dans ta maison ? 

Ouais. Encore une fois je vais être en contradiction, j’adore la routine, et en même temps, je peux pas supporter l’idée de rester dans des choses trop fixes… Mais c’est important de développer une routine et sur la route c’est toujours dur de l’avoir. Parce que je trouve que, en tout cas tous les plus grands créatifs de notre siècle passé – il y a un bon livre d’ailleurs qui parle de ça, qui parle de leurs habitudes de travail, et voir comment est-ce que Van Gogh et Picasso travaillaient, ou Shakespeare – et 90% d’entre eux étaient dans une routine, et sans cette routine, on peut pas je pense aller dans du travail trop profond. En tout cas pour moi j’ai l’impression que avoir une routine, finalement c’est ça qui différencie un pro d’un amateur… C’est quelqu’un qui vient tous les jours, faire son truc, même si il a pas envie. Quand on est amateur, on le fait, on le fait pas c’est pas grave. Mais quand on veut être pro, on a pas le choix, il faut le faire. C’est la routine qui force.
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▎Tu as des petites routines que tu t’imposes ?

Ouais Andréa dit que je suis comme un vieux monsieur. Parce que j’ai mes routines… C’est pas très intéressant mais, j’aime bien me lever à une certaine heure, manger certaines choses, boire mon café à une certaine heure, parce que sans ça je suis pas très productif. J’ai l’impression que toute ma vie, ce sont des tactiques que je design pour vaincre le flemmard en moi. Et les emplois de temps ça aide aussi !

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Voilà ! C’est tout pour la première partie de l’interview ! Oui il y en a une deuxième… Je verrai pour vous la poster ! Il s’agissait de commenter certaines de ses photographies ! Les coulisses on va dire ^^ C’était aussi très intéressant ! Et parfois surprenant !

J’ai été plus que ravie d’assister à cette conférence et interview d’Alex Strohl… Ce mec est vraiment incroyable. C’est un moment que je ne suis pas prête d’oublier. Donc encore merci à la team LES OTHERS pour cet event, et merci Alex Strohl pour cette conférence, et l’inspiration qui en découle !