On m'avait prévenue pour les couleurs. Je n'étais pas prête. À deux heures de Montréal, la forêt bascule dans un rouge si franc qu'on croirait un décor peint à la main. Les Laurentides n'annoncent pas l'automne : elles l'organisent.
Le parc national du Mont-Tremblant, c'est d'abord une question de lacs. Ils sont là, entre les collines, posés comme des fenêtres ouvertes sur le ciel. Sur l'un d'eux, un canot, et dans le canot, personne. C'était le genre de silence qui se mérite.
Le sentier : monter, s'asseoir, recommencer
J'ai choisi une boucle de sept kilomètres et je l'ai faite comme on apprécie un dessert : lentement. Poser le pied sur une racine, respirer l'odeur de sous-bois, écouter le bois claquer au loin. Le funambule en moi a trouvé son arène : ici, chaque tronc tombé est une corde tendue, chaque rive un équilibre à tenir.
« Y a pas de mauvaise saison, juste pas le bon équipement. » — le garde du parc, en me voyant repartir les chaussures trempées.
Ce que j'en retiens
Trois jours de nature m'ont rappelé trois choses. D'abord, la couleur d'un lac change avec la lumière et l'heure du matin, et c'est un spectacle gratuit. Ensuite, un bon sentier vaut tous les itinéraires du monde quand on ne le presse pas. Enfin, revenir en ville, c'est aussi un voyage — celui qui fait mesurer ce qu'on a vu.
Pour organiser votre boucle, j'ai rassemblé quelques repères pratiques dans le guide Canada. Et si le grand air vous manque, l'article sur les escapades du week-end a d'autres idées.